Opposition de styles sur neuf millésimes: deux pinots noirs neuchâtelois sous la loupe

La cuvée parcellaire Les Argiles, du Château d’Auvernier, et l’Auvernier de la Maison carrée étaient au coeur d’une dégustation organisée à Zurich dans le cadre du Swiss Wine Tasting. Un grand moment, et la confirmation du grand potentiel d’un vignoble que le spécialiste des cépages José Vouillamoz décrit comme « le miroir de la Bourgogne ».

C’était un des grands moments du Swiss Wine Tasting 2025 organisé au Kunsthaus de Zurich les 24 et 25 août: une verticale de pinots noirs issus de la commune d’Auvernier, à l’ouest de la Ville de Neuchâtel. Deux vins emblématiques de l’appellation – et de l’association Mémoire des vins suisses – étaient proposés à la dégustation sur neuf millésimes (2022-2014): les Argiles, du domaine du Château d’Auvernier, issu d’une vigne de 1 hectare d’une seul tenant située à l’ouest du village, avec un sol lourd et argileux; la cuvée Auvernier, du domaine de la Maison carrée, issues de quatre parcelles situées à l’ouest du village pour un total de 3,5 hectares, sur un sol plus léger, avec des sables sur calcaire.  

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Jonas Huber, le gardien de la montagne magique

Depuis 2016, le jeune vigneron a repris le domaine viticole familial à Monteggio, près de Lugano. Appartenant à l’élite des vins suisses, la cave propose un merlot iconique, le Montagna Magica. Une cuvée qui rivalise avec les mythiques Pétrus et Masseto

La petite route sinueuse, qui mène à Monteggio, escalade une colline boisée, juste après avoir frôlé la frontière italienne. C’est dans ce hameau du Malcantone, à une vingtaine de kilomètres de Lugano, que vit Jonas Huber depuis qu’il est né, il y a un peu plus de 40 ans. Devant la vaste maison familiale rachetée par son père Daniel au début des années 1980, il souligne, sourire en coin, qu’il a longtemps voulu fuir son destin. «Après l’école obligatoire, j’étais prêt à faire n’importe quel métier, sauf celui de vigneron. L’été, quand mes copains allaient à la piscine, je devais aller à la vigne. C’était dur!»

Comme ses deux sœurs, le quadragénaire a vécu de l’intérieur la concrétisation du rêve de retour à la nature de Daniel, Zurichois diplômé en sylviculture de l’EPFZ. «Il voulait travailler la vigne et être en contact avec la terre, poursuit le fils. Le choix du Tessin a avant tout été dicté par une question de moyens. Ici, le prix de l’hectare de vignoble était très abordable, beaucoup plus qu’ailleurs en Suisse.»