Le Domaine Montimbert, un grand blanc de Lavaux

Le pinot gris vinifié par Christin Rütsche est une grande réussite.

Berceau du chasselas, le Lavaux est une terre à vins blancs. Le pinot gris 2018 du Domaine Montimbert, à Chardonne, le rappelle avec éclat. Son nez est plein de promesses, avec des notes subtiles de fleurs blanches, de pomelo et de pierres mouillées. La bouche est à l’avenant, ciselée et charnue, avec un équilibre parfait entre matière et acidité. On retrouve des arômes d’agrumes, avec une belle finale salivante. Un vin superbe, idéal pour sublimer des asperges.

Un pinot alémanique de référence

L’Argovien Tom Litwan produit des vins authentiques, à son image

Tom Litwan est venu à la vigne… par le vin. Comme le Grison Daniel Gantenbein ou le Tessinois Enrico Trapletti, devenus des stars du vin suisse après avoir exercé un autre métier, le vigneron argovien a suivi une formation de maçon avant de trouver sa voie. Le déclic? La découverte de pépites lors d’un séjour bourguignon. Dans la foulée, il commence un apprentissage de vigneron et part faire ses armes au bord du lac de Bienne puis à Genève, au Domaine des Balisiers.

Cuvée Milo 2018, Romain Cipolla

«Fais de ta vie un rêve et d’un rêve une réalité.» La citation de Saint-Exupéry donne tout de suite le ton sur la page d’accueil du site internet de Romain Cipolla: le jeune Fribourgeois exilé dans le Haut-Valais est animé par la passion du vin. C’est l’amour du divin nectar qui l’a poussé à s’inscrire à l’école de Changins pour devenir œnologue. Son diplôme en poche, ce vigneron sans terre est parti en stage chez Claudy Clavien, à Miège, puis chez Philippe Constantin, à Salquenen. C’est chez ce dernier qu’il a vinifié son premier millésime à son nom, en 2014, avant d’emménager dans ses propres locaux à Raron, en 2019…

Pinot noir Grands Terroirs 2017, Bouvet-Jabloir

L’ancrage dans la tradition n’implique pas forcément de regarder en arrière. A la tête du domaine Bouvet-Jabloir, à Auvernier (NE), Alexandre et Dimitri Colomb pensent même tout le contraire. S’ils insistent sur la dimension historique et familiale du domaine, les deux frères aiment se singulariser. A la cave, on déguste sur fond de musique électro des vins issus de collections aux noms un peu ronflants (Légendes, Signatures, Grands Terroirs) qui symbolisent leur ambition de casser les codes.


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Chasselas Belles Rives 2018, Madeleine Ruedin

Un vin coup de cœur qui possède de la race et de l’élégance. Le chasselas Belles Rives 2018 de Madeleine Ruedin a un nez raffiné, avec une fine note minérale (pierre chaude après l’orage) et un fruit très précis (pêche, citron). La bouche est gourmande et dense, avec une acidité vivifiante qui lui donne un magnifique équilibre. La finale est aérienne, sur la poire, avec une fine amertume qui donne du relief au vin.

Petite arvine Les Clives 2018, Cave Caloz

Le domaine familial de Miège est l’une des locomotives de la viticulture biologique.

A la Cave Caloz, à Miège, on cultive plusieurs sillons en parallèle. La vigne, bien sûr, dans le respect de la nature: le domaine, certifié Bio Suisse, a obtenu en 2019 le titre de cave suisse bio de l’année. L’esprit de famille, ensuite: Conrad et Anne-Carole Caloz ont été rejoints en 2013 par Sandrine, l’aînée de leurs quatre filles, diplômée en œnologie à Changins. Un fort engagement social, enfin, nourri par de profondes convictions catholiques: la maison familiale accueille régulièrement des migrants et des personnes en situation de handicap avec le souci constant «de mettre l’humain au centre».

Cornalin «Neyrun» 2016, Lux Vina

La cuvée spéciale du duo Z’Brun-Gfeller a placé la barre très haut dès son premier millésime

Les vignerons suisses sont de plus en plus nombreux à créer des cuvées à forte valeur ajoutée, issues de leurs meilleures parcelles ou de vinifications spéciales. Il est plus rare qu’ils créent une gamme complète qui se démarque de leur production habituelle. C’est le défi que se sont lancé Patrick Z’Brun, propriétaire des domaines des Chevaliers, à Salquenen, et son œnologue Christian Gfeller. En 2017, les deux hommes ont mis sur le marché six vins estampillés Lux Vina, Lux étant le prénom de la mère de Patrick. En avril 2018, ils ont été rejoints par le cornalin Neyrun, nom historique du cépage valaisan.

Chardonnay Parcelle 902, domaine de la Ville de Morges

Ce domaine historique de La Côte a su saisir le pouls de son époque avec une gamme de vins « natures »

Créée en 1547, l’exploitation de la Ville de Morges a longtemps eu mauvaise réputation. Grâce à Marc Vicari, son nouveau directeur, et à sa transformation en société à responsabilité limitée, elle a pris un nouveau départ en 2013.

Le nouveau responsable est reparti de zéro. Pour les vinifications, il a fait appel à un œnologue-conseil reconnu, Fabio Penta. Souhaitant faire le pas de la biodynamie, il a engagé comme chef vigneron Corentin Houillon, un jeune diplômé originaire d’Arbois qui a de qui tenir: il est le neveu d’Emmanuel Houillon, qui a repris le domaine de Pierre Overnoy, pionnier dans la production des vins «nature» (sans soufre et sans intrants) dans le Jura français.

Ambassadeur des Domaines Blanc 2016, Nouveau Salquenen AG

Diego Mathier a écrasé le Grand Prix des vins suisses 2018, démontrant une nouvelle fois son art de l’assemblage.

En novembre 2011, Le Temps publiait un portrait de Diego Mathier titré «L’ogre du vin suisse». L’image colle toujours parfaitement à la peau du vigneron de Salquenen: il n’a pas perdu son appétit légendaire, bien au contraire.Déjà titré meilleur vigneron de Suisse en 2007 et 2011, il a de nouveau remporté le titre suprême du Grand Prix du vin suisse en octobre 2018. Un triplé acquis grâce à une domination inédite: le polyglotte diplômé de la HEC Saint-Gall est monté à huit reprises sur le podium, remportant trois catégories (autres cépages blancs purs, assemblage blanc et assemblage rouge), le Prix du meilleur pointage du concours et en plaçant plusieurs vins aux 2e et 3e places.

Les Cailloutis 2016, domaine des Landions

Diplômé HEC et œnologue, Morgan Meier produit des pinots noirs de haute couture

En un peu plus de trois ans, Morgan Meier s’est fait un nom dans le petit monde des vins suisses. Avec une identité très forte qu’il doit à une production entièrement dédiée au pinot noir. Un cépage qui fait partie de l’ADN du Neuchâtelois de 29 ans, diplômé HEC puis formé à l’œnologie à Dijon. Son père, Denis, ingénieur agronome et pépiniériste, a sélectionné pendant deux décennies les clones les plus qualitatifs sur le domaine familial de 25 hectares. Il vendait le raisin, ce que son fils continue à faire pour les trois quarts de la production.