Electus, les promesses déçues

Lancé en 2013, le premier vin « icône suisse » n’est pas à la hauteur de ses ambitions, comme l’a montré une dégustation des trois premiers millésimes.

Il s’appelle Electus. L’élu, en latin. C’est le premier vin « icône suisse » lancé par Provins en septembre 2013. A l’origine, cet assemblage de cornalin, humagne rouge, cabernet sauvignon, diolinoir et merlot issu des meilleurs parchets de la coopérative valaisanne était destiné exclusivement à l’export. Avec un prix de 249 francs inédit pour un vin suisse, il avait l’ambition de se positionner comme un produit de luxe et régater avec les Supertoscans et les crus classés bordelais.

Cinq ans plus tard, le bilan est mitigé. J’ai pu le constater fin mars lors d’une dégustation des trois premiers millésimes d’Electus organisée à Sion lors de la rencontre annuelle de la Mémoire des vins suisse. Le programme comprenait également la dégustation de la cuvée « sœur » d’Electus, Eclat, un assemblage blanc d’arvine et de savagnin blanc, ainsi que des vieux millésimes de chez Provins. Parmi eux, un Ermitage 1980 et une Dôle 1976 du domaine de l’Evêché absolument bluffant.

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Marie-Thérèse Chappaz: «On peut cultiver la vigne sans produits de synthèse»

La vigneronne de Fully soutient l’initiative populaire qui vise à interdire les pesticides et généraliser l’agriculture biologique. Un engagement que celle qui a été nommée «icône du vin suisse» explique par sa volonté farouche de protéger la nature.

En vingt ans, Marie-Thérèse Chappaz s’est imposée comme la référence de la viticulture suisse. Pour la grande qualité de ses vins, mais aussi pour sa générosité et son authenticité. En février, elle a été sanctifiée par Stephan Reinhardt, qui travaille pour The Wine Advocate, revue spécialisée crée par Robert Parker. Le dégustateur allemand lui a octroyé la note de 99 sur 100 pour deux de ses vins liquoreux, la qualifiant de «Romanée Conti de la Suisse».

Mimi, Fifi & Glouglou, ou les vertiges de la dégustation

L’illustrateur et bédéiste Michel Tolmer possède un talent rare pour croquer les obsessions universelles des fous de la dive bouteille. Avec trois héros qui ne boivent pas trop, mais tout le temps

-Bon, qu’est-ce qu’on boit maintenant?
-Et si on goûtait un bordeaux?
-Un bordeaux? Il y a des limites à la vulgarité!
-Ha, ha, ha, du vin de compagnie d’assurances. S’il y avait un terroir à bordeaux, ça se saurait.
-J’allais vous proposer Palmer 89, mais je suppose que ça ne vous intéresse pas?
-Bôh, fais goûter quand même…. Faut pas être sectaire…

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Les vins «naturels», essor d’une contre-culture 




L’utilisation des pesticides s’impose comme un débat de société qui va bien au-delà de la seule question des techniques culturales. Interdire les pesticides dans l’agriculture et la viticulture. C’est l’ambition d’une initiative populaire qui a été lancée cette semaine par un groupement de citoyens dont Edward Mitchell, professeur en biologie des sols à l’Université de Neuchâtel. Présenté cet été, le plan d’action de la Confédération a une ambition plus modérée: il vise une réduction de l’utilisation de tous les intrants chimiques de 30% «afin de réduire de moitié les risques liés aux pesticides d’ici à dix ans». La question est particulièrement sensible dans la viticulture, grosse consommatrice de produits phytosanitaires. Partout en Europe, des réflexions sont en cours pour réduire leur utilisation. Les défenseurs de l’environnement et des dizaines de milliers de citoyens se sont ainsi mobilisés ce printemps pour exiger l’interdiction du glyphosate, la molécule du Roundup, un herbicide controversé. En juin dernier, malgré une pétition qui a réuni 160 000 signatures et l’opposition de plusieurs états membres, la Commission européenne a prolongé son autorisation de dix-huit mois.